lundi 29 avril 2013

Rien ne sert de courir...

Courir, courir, pourquoi courir? En mal de sport, après avoir dû arrêté le foot faute de temps (le soir et le week-end), la course à pied me tendait les bras... Suivant les traces de mon père, grand coureur de l'éternel, j'ai décidé moi aussi de courir (non pas les jupons mais) les 20 km de Lausanne (enfin... les 10km!).

La puce à l'oreille m'a été mise par Michel Durussel, pasteur responsable cantonal de Terre Nouvelle, qui proposait un concept de module de KT "champion solidaire". Le principe: courir les 4 km et se faire parrainer pour soutenir des projets de l'EPER et autres oeuvres d'entraide de nos Eglises, également en achetant un bandana distinctif de couleur. Malheureusement, trop peu d'enfants s'y sont inscrits et j'ai dû annulé le module... mais pas mon objectif peronnel de faire la course !

La course à pied, un sport solitaire ou solidaire ?

J'ai donc continué à m'entraîner et le jour J, j'avais la boule au ventre, comme avant un match de foot, comme avant un examen. Il faut dire que je ne savais pas où je mettais les pieds. Impressionné par l'infrastructure - il fallait bien quelque chose de la sorte pour accueillir les 21500 coureurs ! -, j'ai aussi été impressionné par l'esprit bon enfant qui régnait au sein des coureurs. Loin de la compétition pour la compétition, loin de la gagne à tout prix, j'ai retrouvé ce que j'étais venu chercher: courir pour le plaisir de courir, courir pour aller au bout de soi-même, courir sans oublier tous ceux qui nous entourent. Car certes, la course à pied est un sport individuel, "solitaire", mais peut-il être un sport solidaire? Je dis oui.

Je dis oui car au moment de la course, rapidement des liens se font avec mes voisins. Après un départ les uns sur les autres, des gruppetti se forment, des regards se lancent, des encouragements se sentent et s'entendent.  La pluie s'abat violemment, mais je ne la sens pas. Ce que je sens, ce sont les encouragements des gens, qui me touchent. Puis je découvre au bord de la route des enfants qui crient bien qu'ils ne connaissent pas les coureurs et qui tendent la main aux coureurs. Je kiffe. Je kiffe leur taper dans la main (pas trop fort, hein!). Et chaque fois que je tape dans la main d'un spectateur, inconsciemment je suis reboosté et j'accélère. La tapée de main des 20 km, c'est pour moi une véritable potion magique.

Aller au bout pour... courir solidaire !

Les derniers kilomètres sont durs. Extrêmement durs. Je vois le stade de Coubertin où se trouve l'arrivée, mais le parcours m'en éloigne. Physiquement et psychiquement, je suis dans le dur. Mais le dur ne dure pas, je serre les dents et voici le stade. Je me sens pousser des ailes, j'accélère encore. Et c'est fait. C'est fini. Mon objectif était de finir maximum en 1h, j'ai mis 53,03 minutes. Je suis allé au bout de moi-même, au bout de ce que je pouvais. Mais à l'arrivée, je ne puis m'empêcher de penser à tous les  enfants Indiens qui souffrent de d'analphabétisme, pour lesquels je porte le bandana "champion solidaire" en brassard. Je croise une coureur avec qui j'ai pas mal couru, on se félicite, comme si l'on se connaissait. On a fait un bout de chemin ensemble. Je retrouve ma femme et lis dans ses yeux de la fierté.
L'amour qu'elle me porte m'a aussi porté. Courir, c'était pour moi lui redire aussi mon amour. La sortie du stade est chaotique, mais des visages connus surgissent d'ici ou de là, en communion d'un même effort vécu.

Non décidément, rien ne sert de courir solitaire, il faut courir... solidaire!

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