jeudi 13 mars 2014

Osons être prophétiques !

Marrant l'humour de Dieu, quand même. Ce matin, comme tous les jeudi, je me rends à l'office de prière à Belmont. Nous chantons, nous prions, nous lisons la Bible, le texte de la consécration de Saül par Samuel. Comme d'habitude, je lis le commentaire de pain de ce jour que vous trouvez ici. L'auteur du commentaire nous parle des signes de Dieu: comment les repérer dans nos vies ? Nous avons besoin de clairvoyance, d'humilité et peut-être aussi de la médiation d'autres hommes et femmes. Je prie Dieu de me donner cette humilité mais aussi cette clairvoyance pour voir ses signes (pas les points blancs sur le lac, hein?).

Sur les ondes de la RTS!

En courant à mon rendez-vous suivant, je remarque sur mon natel un message d'une paroissienne... ayant entendu parler de moi à la RTS ce matin! La courte émission "Sonar" traite de la présence du Pape François sur les réseaux sociaux. Et les protestants alors? La journaliste parle des institutions, puis d'un certain pasteur de la Conversion, "pasteur 2.0" comme j'aime à me décrire, en relayant des tweets autant sur la relégation du LS (et la bière!), sur mes séries TV préférées, que sur la campagne oecuménique de carême. Ceux qui me connaissent bien trouveront cet aperçu assez proche de qui je suis au fond (vous pouvez écouter l'émission ici).

Alors bien sûr, je ne suis qu'un simple serviteur, "inutile" comme dit l'Evangéliste Luc (17,10), mais j'ai comme serviteur une mission: témoigner. Témoigner de l'amour de Dieu pour les hommes et les femmes, témoigner de sa Bonne Nouvelle, témoigner de la Grâce qui m'est faite. Et Dieu sait si dans notre société, dans notre monde, c'est difficile. Parfois, j'ai l'impression de ne pas avoir la force. Comment pouvoir porter l'Eglise qui elle-même porte cette Bonne Nouvelle ?

Va avec cette force que tu as

La suite de ma matinée a été passée à me plonger dans les textes bibliques avec ceux de l'ABOR (Animation Biblique Oecuménique Romande) sur la thématique de la promesse. M'est revenu alors ce verset, cette promesse, qui me porte depuis mon appel à suivre le Christ en 2004: "Va avec cette force que tu as (...), c’est moi qui t’envoie ! (...) Je serai avec toi!" (Juges 6,14-15). Je suis touché par cette promesse de Dieu faite à Gédéon, bien sûr, mais que je reçois pleinement, appelé que je suis à être dans le monde un envoyé, avec la force que j'ai, avec mes faiblesses aussi, en bref avec tout mon être.


Et à la pause, un frère dans la foi me parle du dernier texte du Pape François (encore lui!) dont le discours au secrétaire général du COE exhorte les chrétiens à être "prophétiques" (dans les termes de mon frère dans la foi qui me rapporte la chose): "The Spirit, however, urges us not to be afraid, to go ahead with trust, and not to content ourselves with the progress that we have been able to experience in these décades." (texte complet ici, malheureusement pas de traduction en français). Être prophétique. Je suis touché, à nouveau...

Etre prophétique 

Petit à petit, je mets les pièce du puzzle les unes avec les autres, le commentaire de l'office du matin avec l'émission de la RTS, le verset de la vocation de Gédéon avec l'exhortation du Pape François. Et je réalise que ce sont au fond... des signes que Dieu m'envoie! Et qu'il m'appelle à être, à mon tour, en tout humilité, prophétique! En osant faire bouger les choses!


Etre prophétique, dans l'oecuménisme. Comme je le rappelais dans ma conclusion de mémoire de Master sur l'avenir de l'oecuménisme, citant les exemples de frère Roger et de l'Abbé Couturier).

Etre prophétique, comme Eglise dans le monde.

Etre prophétique, comme homme qui témoigne.

Etre prophétique, oui mais, en ai-je la force?

Va, avec cette force que tu as, c'est moi qui t'envoie!

Osons!

Alors en ce jour, j'ai envie de relayer cette exhortation que je reçois: osons être prophétiques, sur les réseaux sociaux, dans les médias, dans la société, dans nos rapports institutionnels. Et cela commence par nos rapports les uns avec les autres. Osons être prophétiques, par pour nous, mais pour rappeler ce qui est au centre : l'amour du Christ pour nous, ses serviteurs.

PS: Clin Dieu final, je trouve cette image sur twitter juste avant de publier ce message: ;-



6 commentaires:

  1. Merci pour cette réflexion Benjamin!
    Je pense qu'il faudrait qu'on prenne un café ensemble une fois pour en reparler!

    RépondreSupprimer
  2. Volontiers! Mais après Pâques si possible! :-)

    RépondreSupprimer
  3. Bizarre et significatif, ce besoin d'autojustification! Mais après tout, sur cette Terre, on n'a que les fleurs qu'on se lance...

    P.S. de syntaxe journalistique: on ne dit pas je prie à Dieu, mais je prie Dieu.. ou je demande à Dieu. Mais ça, c'était bien avant le 2.0 des clés USB!

    Jacques Mauler, Lutry

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Cher M. Mauler,

      Cela me fait plaisir de voir que vous continuez à lire mon blog. Ne trouvez-vous pas bizarre et significatif que vous continuiez à lire le blog d'un pasteur qui ne semblait pas tout à fait en odeur de sainteté chez vous ? Et pour une fois que je vais dans votre sens (vous parliez d'un phare la dernière fois: être prophétique, n'est-ce pas cela?), vous trouvez encore à redire. Merci pour votre encouragement à continuer à être pasteur dans cette ère qui vous dépasse.

      En outre, pour élever quelque peu le débat, qu'entendez-vous par "besoin d'autojustification"? Pourquoi est-ce "bizarre et significatif"? N'avez-vous point compris que je partage simplement un témoignage de ce que j'ai vécu?

      Je prie Dieu de vous donner l'Esprit pour vivre l'Evangile, cher Monsieur Mauler! Car c'est cela l'essentiel!

      J'aurais bien volontiers continué à discourir sympathiquement pour verser mon fiel sur votre commentaire, mais mon fils de 6 semaines pleure et il me semble que l'essentiel est plutôt là... « Laissez faire ces enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui sont comme eux. » (Mt 19,14)

      PS: merci pour la correction syntaxique, j'ai corrigé! Dois-je me justifier de faire des erreurs?

      Supprimer
  4. Par la barbe du prophète! Ceux-ci appartiennent au passé, à l'Histoire de la Chrétienté, à la Bible, et nous avons à les respecter profondément pour toutes les choses vraies et confirmées qu'ils nous ont annoncées.

    Mais se vouloir "prophétique" aujourd'hui? Ce n'est à mes yeux qu'annoncer prétentieusement une nouvelle voie, en général hypothétique et hasardeuse, dont les chrétiens n'ont que faire.

    Vraiment rien à voir, donc, avec le phare que redeviendra peut-être notre Eglise lorsqu'elle aura réappris à s'en tenir strictement à ce que nous dit la Parole. Le surplus n'est que verbiage et accommodements de circonstance.

    Au reste, cher M. Corbaz, recevez mes cordiales salutations. Avec, en effet, mes meilleurs encouragements pour l'exercice d'un ministètre tout en... humilité, en cette ère qui vous dépasse autant que moi.

    Coucou, aussi, au petit Elie, qui aura bien à lutter pour ne pas devenir... prophète!

    Amicalement (mais oui!).

    Jacques Mauler

    PS: si vous le permettez, je continuerai à visiter périodiquement votre blog, par simple curiosité de... journaliste.

    RépondreSupprimer
  5. Merci, Benjamin, de ton témoignage qui me touche.

    Il est tellement dommage (pour ne pas dire lamentable) que certains confondent le chemin d’obéissance avec la triste répétition de la Bible… pardon, d’une certaine compréhension de la Bible, la plus traditionnelle et conservatrice possible. Est-ce que l’obéissance au Christ telle qu’il nous l’a enseignée nous fige dans le formol, ou nous rend incompréhensible et invisible aux yeux du monde ?

    Cette vision du christianisme le destine à pourrir dans le tombeau. Nous autres chrétiens avons la difficile tâche d’être le sel de la terre et la lumière du monde. Et cette tâche signifie, à mon sens, qu’il faut oser trouver la voie nouvelle, chaque matin, pour prendre l’initiative, parler au monde, en un mot, faire vivre la Parole. Car c’est bien de la Parole qu’il s’agit, animée par l’Esprit.

    S’accrocher à la lettre comme un babouin à sa branche ne mène nulle part. La Parole s’incarne et vit. Si elle prend racine dans la Bible, elle la déborde grâce à nos interprétations, pour nous parler et nous mettre en route ici et maintenant.

    Oui, il faut être prophétique, et je suis fière que tu réussisses à te mettre au service de la Parole, humblement, avec le dynamisme qui fait ta force ; fière que tes actions soient portées au-delà de ce que tu imaginais (si ce n’est pas un clin Dieu, ça !^^).

    Cela est-il courageux et juste (comme certains le pensent sans doute) d'être chrétien en étant "strict", porté sur le jugement d'autrui, nostalgique du passé (ce bon vieux temps où la question des homosexuels était vite réglée...)? Je crains que non : c’est bien dans l’amour inconditionnel, la bienveillance et la force d’innover inlassablement que résident le courage et la justice. Puisse Dieu donner à ses prophètes la détermination de le proclamer jusqu'au bout.

    RépondreSupprimer