samedi 27 août 2016

Prédication du 28 août 2016: : « De Pokémon Go à Jésus, ouvrir les yeux »

Lecture de Luc 24, 13-26 et orgue (bref)

Lecture de Luc 24, 26-35 et orgue (bref)

Prédication 

T’as vu Lipoutou ? T’as vu Bullbizarre ? T’as vu Carapuce ? T’as vu… Pikachu ? Les avez-vous vus, par Savigny ou Forel, ou à Ouchy encore ? Peut-être ne les avez-vous pas vus, ces Pokémons, mais vous avez sûrement entendu parler du jeu qui fait actuellement le buzz, comme on dit chez les jeunes, ce qui est au top de la mode du moment pour jeunes (et aussi moins jeunes j’ai entendu) : le jeu « pokémon go ». Ce jeu, sur téléphone portable, est en fait une chasse à des pokémons, des bestioles imaginaires qui combattent les unes contres les autres. Le joueur se balade donc avec son natel et dans la réalité virtuelle du jeu, peut attraper des Pokémons, ou s’arrêter à un PokéStop, alors qu’évidemment, on ne peut pas la voir dans la réalité. Si vous allez à Ouchy un dimanche  (https://www.letemps.ch/societe/2016/07/26/fievre-pokemon-go-sest-emparee-douchy), c’est incroyable, plein de gens se baladent en regardant leur natel (mimer) en essayant d’attraper des Pokémons dans la réalité virtuelle du jeu. (un temps) Personnellement, jusqu’à il y a 2 semaines, je ne connaissais pas ce jeu de Pokémon Go. Des jeunes m’ont appris que ce jeu avait plein d’aspects positifs : il faisait marcher les gens (enfin, façon de parler : ils marchent, ils sont en mouvement en effet), et même il faisait se rencontrer des gens qui ne se connaissaient pas !


Quand j’ai entendu cela, j’ai été interpellé : quand une réalité invisible, qu’on ne peut pas voir avec les yeux, peut mettre les gens en marche, les faire se rencontrer et échanger… ça m’a fait pensé aux pèlerins d’Emmaüs ! Ces hommes étaient tellement pris dans leur tristesse, leur désespoir, qu’ils ne voyaient pas vu Jésus. T’as vu Jésus ? Je me rappelle de jeunes qui utilisaient souvent cette expression : « t’as vu Jésus, toi ! » pour dire que quelqu’un était un peu fou. T’as vu Jésus ? Non, les pèlerins ne l’ont pas vraiment vu, enfin ils ne l’ont pas reconnu et quand ils l’ont enfin reconnu, il n’était plus là.

Vous voyez où je veux en venir : au fond, Jésus c’est un peu comme Pokémon Go (toute proportion gardée). Jésus est d’une réalité invisible à nos yeux, pourtant il nous met en marche, il chemine avec nous. Comme le baptême au fond : le baptême, c’est le signe visible d’une réalité invisible, de l’amour de Dieu pour nous, pour toi Justin, et de notre réponse de vouloir cheminer avec lui. Comme tu le disais Justin, le baptême sur cette image, c’est le signe que le Seigneur est toujours au-dessus de nous, même si on est en solitude dans la flaque.

Peut-être que parfois nous sommes tellement pris par notre tristesse, notre désespoir, nos peurs ou simplement par la vie qui file à 100 km/h, que nous sommes comme les pèlerins : nous ne voyons pas Dieu qui se rend présent à nous, juste à côté de nous, oui parfois nous pouvons rater des montagne…

Alors oui, je le crois, Jésus chemine avec nous. Il nous porte aussi parfois, quand nous traversons des tempêtes, des épreuves, et Dieu sait s’il y en a dans ce bas monde, ce n’est pas que du cinema. Mais surtout, ce qui est extraordinaire avec Jésus, c’est qu’il change la vie. Après la croix, qui est pour moi le symbole de la souffrance, de la violence, de la haine, de la peur aussi, après la croix, il y a la vie qui est plus forte que la mort. « Pour que nous nous rassemblions face à la haine, Et que la vie, même vaincue, demeure toujours plus forte que la mort. Remplis-nous de ton amour et de ta bonté Afin que plus personne n’ait peur. » disais-je dans la prière au début de ce culte, inspirés de paroles de Martin Luther King. Aujourd’hui, ces paroles retentissent avec force : devant la menace du terrorisme ominprésente dans nos médias, nous avons peur. Oui nous vivons dans un monde de violence et de haine. Mais Jésus a tout changé.

Oh il ne va pas effacer tout le malheur du monde, non. Mais la brèche qu’il a ouverte par sa résurrection peut tout changer. Regardez les pèlerins d’Emmaüs qui en repartent joyeux : cette bonne nouvelle, cette espérance, va changer le monde. Face à la haine, face au désespoir, il y a désormais l’espérance.

Cette espérance, elle nous a habité lors de mon camp il y a 10 jours avec une petite vingtaine de jeunes de la région pour le PIG. Non ce n’est pas de cochon que nous parlons, même si dans le PIG tout est bon. Le PIG, c’est le Projet Itinérant Gospel : un projet pour les jeunes de la région où nous avons marché de Neuchâtel à Crêt-Bérard (avec des petits bouts en train, rassurez-vous) pour offrir chaque soir une célébration gospel dans les paroisses qui nous accueillaient. Marcher et unir nos voix à l’espérance du gospel, un beau programme pour une semaine forte en émotions et en délires.

Et pendant cette semaine, nous avons chanté ces chants gospel que chantaient les esclaves noirs dans les champs de coton. A l’époque, ils n’avaient plus d’espoir, et pourtant ils chantaient cette libération que Dieu leur apporte : comme Moïse, Dieu va venir nous sauver. Face au désespoir et à la haine, ils chantaient l’espérance.

L’espérance, c’est croire que le caillou que vous envoyez dans l’eau peut faire un ricochet (par la BD, hein Justin). Que la vie peut continuer. Que le mouvement de vie que vous donnez au caillou est plus fort que la mort, symbolisée par l’engloutissement par l’eau. La comparaison a ses limites, puisque le caillou finit toujours par tomber, alors notre espérance, c’est justement que la vie n’a pas de fin, comme un ricochet infini…

La bonne nouvelle de ce matin, c’est donc que la réalité invisible de Dieu vient tout changer : elle vient révéler en chacun de nous notre potentiel de vie qui nous conduit à cette espérance qui change tout et nous met en chemin. Souvent de manière inattendue, d’ailleurs. Dieu nous conduit souvent là où nous ne pensions pas. Pour le PIG, nous étions parti pour l’Ile Maurice d’abord, puis l’Italie (Projet Italie Gospel), et nous nous sommes finalement retrouvés à Cortaillod, Concise, Cossonay, Bussigny et Puidoux. L’inattendu de Dieu. Oui Dieu est présent, au cœur de nos vies, et souvent de manière surprenante, peut-être l’avez-vous déjà expérimenté. Il nous invite à marcher avec lui, à nous confier à lui, à nous mettre en marche, comme tu le fais ce matin, Justin, par ton baptême, comme ces jeunes l’ont fait pendant une semaine à travers les cantons de Neuchâtel et Vaud. Oh bien sûr, tout ne sera pas facile : la vie n’est pas un long fleuve tranquille, nous le savons. Mais portés par l’espérance que la vie est plus forte que la mort, que Jésus est vivant, même s’il est invisible à nos yeux, alors nous serons plus forts.

Sur une affiche devant une église en France, on peut lire ceci : « Tu es venu sur le parvis de ce église pour chercher des Pokémons, mais sais-tu que dans cette église il y a Quelqu’un qui te cherche et qui t’attend ? » Dieu, aussi invisible qu’un Pokémon, cherche pourtant et attend chacune et chacun de nous. Saurons-nous ouvrir nos yeux et marcher avec lui ?


Amen.

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